Si je demandais à l’ensemble des chrétiens « QUI SONT LES FONDATIONS DE L’ÉGLISE », il est fort probable qu’un bon nombre répondrait que ce sont les apôtres et leurs successeurs, ceux-là mêmes qui ont reçu pour mission de porter le message de Jésus et de son Évangile jusqu’aux confins de la terre. À n’en pas douter ce serait également la réponse de plusieurs pasteurs, quelque soit les niveaux hiérarchiques où ils se trouvent. Mais voilà que Paul, cet apôtre qui a établi les bases des premières communautés chrétiennes, donnant vie à l’institution ecclésiale, nous dit que les apôtres ne sont pas seuls, qu’il y a un autre partenaire tout aussi important, les prophètes. Ainsi, selon Paul, les apôtres avec les prophètes constituent les fondations de l’Église dont la pierre d’angle est Jésus lui-même. S’adressant aux chrétiens d’Éphèse, il a ces propos au sujet de l’édification de l’Église:
i a rappelé au Sanhédrin d’aujourd’hui que l’Église ne se vivait pas dans la sacristie mais dans les quartiers pauvres avec les sans abris. Dans cette même lancée nous pouvons mentionner ces prophètes en Amérique latine qui ont décloisonné la théologie traditionnelle pour en faire une Parole vivante de libération et de salut au service des plus démunis. C’est évidemment le cas de Mgr Romero et de Dom Elder Camara, mais aussi du père Ernesto Cardenal, et de la grande majorité des théologiens de la libération, dont plusieurs ont été assassinés. Plus près de nous, il y a Jean Vanier, ce témoin vivant de Jésus dans notre monde. Il partage sa vie avec des handicapés intellectuels et en leur nom et au nom de Jésus, il prend la parole pour rappeler là où est Dieu et là où il se laisse rencontrer. Chacun peut poursuivre en identifiant ces vrais prophètes qui sillonnent les quartiers de nos cités et qui prennent la parole.
nt mis à l’écart, persécutés et, dans certains cas, exécutés sous les regards silencieux de ceux-là mêmes avec qui ils partagent les fondations de l’Église. De quoi faire réfléchir le Pape, les Évêques, les prêtres et tous les croyants. Sommes-nous de ceux qui faisons taire les prophètes ou de ceux qui, comme Nicodème, s’en approchons pour mieux comprendre le sens de ce que nous vivons ? L’institution ecclésiale leur laisse-t-elle l’espace qui leur permet d’exercer pleinement leur fonction? Il est évident qu’ils ne relèvent pas des apôtres pas plus que les apôtres d’eux, mais de Jésus, pierre d’angle de l’Église. 
N’est-ce pas en s’ouvrant aux messages des prophètes que l’Église retrouvera toute sa vitalité? Les communautés chrétiennes des cinq continents ne pourraient-elles pas identifier elles-mêmes ces prophètes porteurs d’un message qui révèle le sens de l’engagement chrétien pour les temps que nous vivons? Ainsi nous pourrions avoir 122 cardinaux et 122 prophètes pour choisir le successeur de Pierre. De quoi donner de l’Église une toute autre image. Le seul fait de penser que les communautés chrétiennes soient mises à contribution dans la délégation des prophètes, comme le suggère Paul lorsqu’il dit « que les croyants jugent », donne immédiatement une idée de l’ouverture à une nouvelle ère d’Église.
1 commentaire:
"The call to the prophetic ministry is a call to death, not glory. You have to be a failure before you can be of use. You have to have learned that you cannot trust in yourself." Quotation by unknown author.
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